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Le Lys d'or, joli pont entre deux Chines

Ecrit par Fred Ricou le 13.12.2016

Avec la perpétuelle augmentation des restaurants chinois dans la capitale, on ne sait finalement plus si l’on connaît « un bon Chinois dans le quartier ». Le Lys d'Or, est ouvert à Paris depuis 1993 par Danyang Chen et son chef de mari Shimin Chen. Également créateurs du Zen Garden, à deux pas des Champs Élysée, la cuisine du chef se veut un pont entre les différentes cuisines traditionnelles chinoises et une cuisine plus moderne.

 
 

Le Lys d’Or, c’est déjà un voyage uniquement en entrant dans le restaurant. Verdoyant et oscillant entre plantes, bois, sculptures et fontaines chinoises, on n’est rapidement plus dans le 12e arrondissement de Paris, mais dans l’un des beaux quartiers de Pékin.

 

Comme il nous a été vanté à la fois les cuisines traditionnelles et plus modernes du chef, nous n’avons pas peur de demander le menu des « Quatre cuisines régionales », celles de Sichuan, Shanghai, de Canton et de Pékin. Une sorte de menu dégustation qui permettra de faire un voyage de saveurs, mais également une entrée et un plat « signature » du chef. Nous voulons tout goûter ! La carte est bien fournie, nous allons donc pour une première visite essayer de mieux comprendre l’univers du cuisinier en restant sur les différents goûts qui font sa réputation.

 

Le voyage commence donc avec les entrées en quatre portions plus une entrée spéciale du chef. Nous sommes tout de suite charmés par les belles odeurs de ces jolis petits plats. Les beignets d’aubergine au sésame sont délicieux bien qu’un peu gras, mais le côté fondant de l’aubergine et croustillant du sésame est vraiment très agréable en bouche. On reste dans le sésame avec une salade de bœuf très honnête, la viande est fondante, mais l’assaisonnement manque un peu de punch. Les bouchées de crevettes sont au-dessus de celles que l’on trouve habituellement dans les divers restaurants chinois de la capitale, il y a pour une fois, un vrai bon goût de crevette. C’est plutôt très bon. En revanche, est annoncé sur le menu « Chair de crabe, légume croustillant », le souvenir d’en avoir mangé est fugace à la sortie de table. Peut-être qu’un peu trop fin, le mélange avec les autres plats n’est pas cohérent et vient complètement annihiler la sapidité du crustacé. 

 

Pour l’entrée que nous a préparée le chef Chen, nous sommes restés assez dubitatifs par la présentation un peu grossière d’une Saint Jacques et d’une belle crevette. Si les deux protagonistes du plat sont plutôt bien cuit et d’une saveur très correcte, on se demande encore pourquoi le chef s’est senti obligé de l’arroser d’une sauce gélatineuse et beaucoup trop salée. De plus les deux demi-tranches de concombre, la demi-tomate cerise, le brin de ciboulette et les quelques baies de goji n’apportent strictement rien au plat… Bref, dubitatif, quoi…

 

Arrivent, à la manière des entrées, quatre jolis bols colorés, pour les plats. Plusieurs nous donnent envie assez rapidement de plonger nos baguettes, mais c’est à la main que l’on attaque les brochettes de bœuf pékinoises. Le bœuf, ici, contrairement à celui en salade est un peu trop cuit et c’est réellement dommage, la marinade dans laquelle il a été préparé et qui donne son goût à la viande est très bonne.  

 

Le poulet au caramel (bonne idée, cela change du sempiternel porc…) est plutôt goûteux, mais est très vite rattrapé par un excès de sucre un peu écœurant au final. Les crevettes et poissons « sauce Shanghai » sont eux aussi noyés dans une sauce gélatineuse et c’est ici aussi une petite déception parce que les lamelles de carottes croquantes apportent une belle fraîcheur au plat. Les filets de canards aux piments secs sauce Sichuan sont très agréables, c’est plein de saveurs différentes et c’est plutôt bien épicé même si, pour les connaisseurs du Sichuan, il manque un peu de piment.

 

L’un des plats « signatures » du chef annonce sa présence déjà de façon auditive. De belles aiguillettes de canard qui arrivent bouillonnantes dans une marmite traditionnelle. On ne dira rien sur la demi-tomate en décoration qui ne sert pas à grand-chose, de même que les deux petites branches de brocolis. Malheureusement ici, il y a également un gros problème de surcuisson, la sauce est bonne, mais sans plus, et finalement on mange ses aiguillettes sans déplaisir, mais sans grand plaisir non plus…

 

Le dessert du menu, Yuan yuan, est excellent, les boulettes au sésame sont délicieuses et la petite glace à la vanille qui les accompagne très correcte, mais certainement pas « maison ». 

 

Pour ce Lys d’Or, on a vraiment l’impression quand on lit la carte d’avoir à faire à deux restaurants en un : d’un côté une bonne cuisine traditionnelle, bien que perfectible, de quatre régions chinoises qui transportent le client dans une multitude de saveurs orientales. D’un autre, la cuisine moderne de Monsieur Chen qui manque terriblement de personnalité. On peut comprendre le choix du chef de travailler d’une manière différente cette cuisine qu’il connaît si bien, mais justement, ce retravaille manque d’objectivité, on ne voit pas bien où il veut réellement nous emmener.

 

Le Lys d’Or est certainement l’un des plus beaux restaurants chinois de Paris, les mets sont très corrects et peuvent permettre à des novices en la matière de découvrir différentes saveurs dans une belle atmosphère asiatique. Quant aux connaisseurs, ils connaîtront forcément un autre « bon Chinois dans le quartier »…

 
Le menu « 4 régions » est à 29,50 euros par personne.
Les plats signatures sont entre 9 et 14 euros pour les entrées et entre 16 et 22 euros pour les plats.
 
Restaurant Le Lys d’Or 
2 rue Chaligny
75012 Paris

 

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