Plat du jour - Société

Retour d’anciennes variétés de fruits et légumes dans les potagers

Ecrit par Bérengère Condemine le 05.12.2016

En 100 ans, les 3/4 des variétés de fruits, légumes et céréales cultivés ont disparu. À Saint-Pétersbourg, se trouve 325 000 semences, racines, boutures collectées dans le monde depuis 1984. Un projet se met en place par le CRBA, centre de ressources botaniques appliquées. Ce dernier a l’idée de prendre quelque 300 variétés de l’institut russe et de créer un « jardin connecté ». Un nouvel avenir est possible pour les graines. 

 


L’institut qui permet de mener à bien ce projet est fondé par le botaniste Nicolaï Valivov (1887-1943). La construction de l’une des plus anciennes banques de graines mondiales n’est pas anodine. Le fondateur était persuadé que « la sécurité alimentaire ne serait assurée que si la diversité biologique était préservée ». 

 

Une bonne intuition. De nos jours, 5 multinationales détiennent la moitié du marché des graines. En France, tout est catalogué. La moindre variété de blé, maïs doit être enregistré dans le catalogue officiel des variétés pour être mis en vente. La majorité est hybride (stérile). Les agriculteurs sont obligés de s’endetter dans l’achat de ces dernières pour survivre de leur production. 

 

Le CRBA peut pallier à ce problème. Lutter contre cette production de masse qui implique une baisse de variétés. Un potager est installé sur le site du groupe Seb à Écully, agglomération lyonnaise, qui a soutenu le projet financièrement. Ressortir les variétés anciennes impose des enjeux environnementaux, alimentaires et économiques. Stéphane Crozat, directeur du CRBA explique que « les variétés anciennes sont meilleurs pour notre santé », de plus ces dernières sont « plus résistantes en cas de choc climatique et préexistant à l’ère des pesticides ». 

 

Pour mener à bien ce projet, les graines sont données à des agriculteurs, jardiniers. Ces derniers disposent d’une formation. Dans le procédé, ces derniers reversent au CRBA la moitié de leurs récoltes une fois que les plantés ont poussé. Cette moitié sert d’une part à la préservation de ces plantes en cas de choc climatique, en utilisant la congélation. D’autre part, à former d’autres agriculteurs, qui peuvent en conséquence « moins dépendre des grands semenciers et assurer leur sécurité alimentaire ».

 

Diverses régions de la France vont avoir le droit à leur potager, puisque 15 autres sont prévus. La diversification du patrimoine botanique peut être renouvelée. L’objectif, est de protéger les gènes de ces plantes, les inscrire un patrimoine naturel. La possibilité d’éviter une nouvelle main mise sur les « gardes manger du monde » par les multinationales. 


 

 

Mots-clés : graines légumes fruits - céréales agriculteurs multinationales - CRBA Saint-Pétersbourg

 

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