Alexandre Le Bars n'avait pas prévu Paris. Il n'avait pas prévu ce bistrot du 17e non plus. Et pourtant, depuis janvier 2025, il est là chaque matin derrière son zinc de la rue Vernier, à faire vivre une adresse que beaucoup auraient transformée et qu'il a simplement choisi de respecter.

Alexandre Le Bars - Photo 7detable.com
Rue Vernier, dans le 17e, il y a un bistrot qui ne fait pas de bruit. Pas d'enseigne tape-à-l'œil, pas de plat conçu pour finir en photo. Juste une porte, un zinc, et quelqu'un derrière le comptoir qui lève les yeux quand vous entrez. Ce quelqu'un s'appelle Alexandre Le Bars. Il a repris l'endroit en janvier 2025. Pour comprendre comment il en est arrivé là, il faut remonter un peu dans le temps et passer par le Covid (comme beaucoup d'histoires de ces dernières années).
Avant, il travaillait dans un autre monde. L'événementiel et les discothèques parisiennes, des services à plusieurs centaines de couverts, très loin de ce que l’on appelle encore un « bistrot de quartier ». Et puis le confinement. Le silence. Le temps, enfin, de se demander ce qu'on voulait vraiment. « Je voulais être plus tranquille et ouvrir mon petit resto », explique Alexandre derrière son comptoir dont le miroir dans son dos cite Jean Carmet « Je ne tolère qu'une seule arme, le tire-bouchon ». Il dit cela sans nostalgie et sans drama. Comme une évidence qui aurait mis du temps à mûrir.
Au départ, il ne souhaitait pas Paris. Trop cher et trop compliqué. Et puis il a poussé la porte de la rue Vernier, et quelque chose ne l'a plus lâché. Le parquet qui craque et les meubles cabossés qui ont connu d'autres vies avant d'atterrir ici. Les vieilles plaques retrouvées dans la cave, comme si le lieu attendait simplement qu'on veuille bien s'en occuper encore.
Peu de transformation, Le Petit Champerret est resté dans la forme, ce qu'il était, un peu fatigué, un peu bancal, mais profondément véridique.
La carte ressemble à un vieux réflexe que l’on est content d'avoir gardé. Des harengs pomme à l’huile et une bavette sauce poivre. Un tartare avec de vraies frites maison. Une saucisse de Morteau accompagnée de ses lentilles en cocotte où une saucisse purée joliement sourcée. Des plats que l’on n'a pas besoin d’expliquer.
Au début, Alexandre avait tenté de monter le niveau : Turbot, filet Rossini, grands vins… Les habitués ont voté avec leur fourchette. Il a écouté. « Les gens viennent dans un bistrot pour manger un bon tartare, boire un verre et passer un bon moment. » Logique. Pas de frustration là-dedans. Juste quelqu'un qui a arrêté de vouloir impressionner pour se concentrer sur ce qui compte vraiment.
Le reste, c'est la réalité d'un indépendant parisien en 2026. Un cuisinier, et Alexandre en salle qui accueille, sert et gère tout le reste. Une formule déjeuner (Entrée - Plat / Plat - Dessert) à 22 euros qu'il s'obstine à tenir malgré tout. Une terrasse dès les premiers beaux jours et des habitués qui font tenir la semaine. Le bouche-à-oreille a fait également le chemin : plusieurs exposants des salons du Parc Champerret y reviennent d’une année sur l’autre.
Le Petit Champerret ne vit pas dans un cliché du bistrot parisien. Il est celui que l’on recherche, après un bouche-à-oreille, une « cantine » quand on passe dans le coin à l’heure du déjeuner. C’est bien fait, bon, classique. Tout ce que l’on demande, en quelque sorte…
Le Petit Champerret
30 Rue Vernier,
75017 Paris
Mots-clés : bistrot parisien - restaurant paris - saucisse purée
