Plat du jour - Législation

Au chevet des volailles grippées, l'État exécute !

Ecrit par Frédéric Beau le 05.01.2017

Les producteurs de volaille du Sud-Ouest commencent mal l’année. Après l’épisode qui a contraint l’État à déclarer le dépeuplement et une carence de 4 mois dans les élevages destinés à la production de foie gras cet été, c’est une nouvelle version de la grippe aviaire qui fait son apparition. Elle pointait son nez aux frontières depuis le début de l’automne, le premier cas a été détecté dans le territoire début décembre, début janvier le ministère annonce ses mesures, radicales.

 

CC 0, Pixabay


La version H5N1 du virus qui avait déjà fait des ravages en 2015 était transmissible à l’homme, l’épidémie actuelle déjà massive dans le sud-ouest de H5N8 ne l’est pas, mais les précautions et surveillances mises en place en fin d’année dernière montrent que le virus se propage. L’État se voit contraint d’intervenir massivement et rapidement.

 

D’abord qu’est-ce que c’est que cette grippe aviaire ? C’est une espèce de grippe touchant tous les oiseaux et dont les conséquences pour les volatiles varient suivant le type de virus. Elle provient en général des oiseaux migrateurs, qui peuvent être infectés sans être malades, on les dit porteurs sains. C’est d’ailleurs pour cela que les foyers d’apparition de la maladie dans les élevages français sont à peu près toujours les mêmes, la Gascogne et la vallée du Rhône, qui sont tous les deux sur la route des oiseaux migrateurs. Bien que cette fois quelques doutes apparaissent sur le mode de propagation de l’épidémie.

 

Que veulent dire les noms de code de ces virus ? En surface de ces vils virus, on trouve deux types de protéines, les Hémagglutinines (d’où le H) et les Neuraminidases (d’où le N.). Il existe 16 formes de la protéine H et 9 formes de la protéine N, soit en les combinant entre elles, 144 versions possibles de ce sympathique virus. On ne les connaît pas toutes, mais on sait déjà que les variantes avec H1, 2 ou 3 ainsi que N1 et 2 ont des caractéristiques facilitant l’infection de l’homme, c’était donc bien le cas de la H5N1, la version H5N8 qui sévit actuellement ne semble donc pas transmissible à l’homme.

 

Depuis le début du mois de décembre 2016, 89 foyers d’influenza aviaire H5N8 hautement pathogène sont apparus dans des élevages français en particulier dans la zone sud-ouest. Ce nouveau virus non transmissible à l’homme est particulièrement agressif pour les élevages de volailles et se diffuse rapidement. La Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Agriculture a réuni hier les membres du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale afin de valider la stratégie de dépeuplement pour protéger les zones à forte densité d’élevages (notamment la zone de Chalosse) et empêcher la progression de la maladie.

 

Ainsi, un abattage de tous les palmipèdes en parcours extérieur d’une zone définie par le ministre en charge de l’agriculture, incluant une partie des départements du Gers, des Landes et des Hautes-Pyrénées va être opéré. Le principe est d’abattre rapidement les espèces les plus touchées à ce jour par le virus à savoir les palmipèdes prêts à gaver de cette zone. Cette opération de dépeuplement sera suivie par un nettoyage et une désinfection des bâtiments et des parcours.

 

Devant l’urgence de stopper au plus vite la propagation de ce nouveau virus, les opérations d’abattage des palmipèdes concernés débuteront dès le 5 janvier et se termineront vers le 20 janvier. La réussite de cette stratégie repose sur la mobilisation de l’ensemble des professionnels de la filière, des vétérinaires et des services de l’État afin que les mesures de biosécurité les plus strictes soient appliquées.

 

Les opérations de dépeuplement seront financées par l’État. De même, les pertes liées à l’arrêt de la production pourront être indemnisées selon des conditions qui seront arrêtées lorsque la situation sera stabilisée. On estime qu'un million de volatlie passera à l'abattoire dans les départements du Gers, des Landes et des Hautes-Pyrénées d'ici au 20 janvier.



SOURCES : Wikipedia - Ministère de l'agriculture

 

Mots-clés : Grippe aviaire - H5N1 H5N8 - abattage canard volaille

 

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http://7detable.com/article/legislation/au-chevet-des-volailles-grippees-l-etat-execute/1341