Plat du jour - Economie

Petite vengeance, ou vengeance petite, Lactalis vire deux producteurs

Ecrit par Chefbeau le 31.01.2017

Flash-back, août 2016, alors que quelques mois plus tôt les quotas laitiers ont sauté sous la pression des lobbies et gros donneurs d’ordres de la profession, les producteurs pris à la gorge par la chute du prix du lait se mobilisaient massivement. Ils s’opposaient alors au leader mondial du lait : Lactalis qui gère un cinquième de la collecte en France, et qui leur impose des prix de rachat de leur production insoutenable. Les producteurs mettaient un frein à une dégringolade, qui n’avait qu’une issue, leur perte.

 

CC0, pixabay


Le 13 octobre, le magazine Envoyé Spécial diffusé sur France2 et présenté par Élise Lucet dénonce les manœuvres du géant du lait, et expose les conditions de travail et de vie dégradées des producteurs comme conséquence directe. Après la diffusion du reportage intitulé “Sérieusement ? Lactalis : le beurre et l’argent du beurre ?” Qui pointait clairement du doigt le groupe laitier et son PDG Emmanuel Besnier, la réplique du géant ne s’est pas fait attendre. Notamment par la dénonciation d’un passage du reportage filmant la propriété privée de son patron.

 

La décision de justice a finalement abouti (le 27 octobre 2016) à une sorte couac quelque peu ridicule pour le géant de lait, puisque celle-ci lui donnait raison et contraignait France 2 à extraire de son reportage les passages concernant la vie privée du Patron du groupe alors que le reportage n’était plus diffusé sur aucune des plateformes de France 2… Les Frais de justice repartis entre les deux parties, tout le monde se félicitait de ce remue-ménage inutile.


Probablement piqué dans son orgueil, le groupe laitier a cru bon de finalement s’en prendre à quelques producteurs pour montrer en quelque sorte, ce qu’il en coûte d’attaquer un géant. C’est ainsi que, le 13 janvier dernier, le groupe a fait parvenir un courrier à quelques producteurs pour leur signifier la rupture de leur contrat d’approvisionnement. Le motif invoqué pour cette rupture : la participation et le témoignage de ces producteurs de laits au même reportage de France 2. Le groupe explique en effet : “S’il vous appartient d’être en désaccord avec notre politique d’approvisionnement lait, celle-ci reste cependant de notre ressort et ne peut en toute hypothèse faire l’objet d’un tel dénigrement. Au regard du contexte général ayant entouré vos déclarations, nous avons pris la décision de mettre un terme à nos relations”. 

C’est au tour du ministre de l’Agriculture d’intervenir, ou au moins d’exprimer son désaccord (c’est déjà ça !) le 27 janvier dernier en dénonçant les agissements du groupe. En effet, dans un communiqué Stéphane Le Foll condamne fermement cette décision du groupe Lactalis et rappelle la nécessité, alors que les éleveurs laitiers traversent une période difficile, de privilégier le dialogue afin maintenir des relations constructives au sein de la filière.

Par ailleurs, le ministre rappelle également que, contrairement à l’argumentation développée par Lactalis, les industriels ne peuvent se considérer comme les “employeurs” des éleveurs, alors même que ces derniers supportent seuls l’ensemble des décisions et des aléas économiques inhérents à leur profession.

 

Reste une fois de plus au consommateur, sorte d’électeur du quotidien à choisir son camp.

Mise à jour du 17 Fevrier 2017 : 5 producteurs en tout sont concerné par cette rupture de contrat.


SOURCE : Ministère de l'agriculture - LeFigaro

 

Mots-clés : Lait - Lactalis - crise

 

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