Pour sa 17ᵉ saison, Top Chef opère un virage radical. Fini le studio et finies les brigades. Place à une compétition itinérante où les candidats cuisinent seuls sans filet. Une refonte profonde du programme pensée pour remettre l’assiette au centre du jeu.
Crédit : Marie ETCHEGOYEN/M6
Cette fois, Top Chef ne change pas simplement de décor. Il change de logique. Pour sa 17ᵉ saison, le concours culinaire de M6 sort du studio et abandonne les brigades. Les candidats sont placés face à une réalité plus nue.
Dès la première épreuve présentée à la presse en avant-première, le ton est donné. Le concours s’ouvre sur le glacier de la Grande Motte à Tignes. Le froid est réel et la contrainte immédiate. Les candidats doivent travailler un fromage fondu. Un registre rassurant sur le papier mais redoutable dans ces conditions. Ici, la comfort food n’a plus rien de confortable. Elle devient un test d’adaptation. Mais le véritable choc n’est pas géographique. Il est structurel.
« Fini les brigades », annonce Stéphane Rotenberg. Face caméra, un candidat moustachu peine à encaisser : « L’annonce, elle est choquante ! »
Depuis plusieurs saisons, Top Chef s’est construit sur une mécanique d’équipes et de chefs-coachs. En 2026, tout cela disparaît et le programme revient à ses premières intentions dans une version plus spectaculaire. Philippe Etchebest en sourit : « Ils en ont marre de se battre contre Etchebest », dit-il en visant les autres membres du jury. La boutade fait mouche mais masque un choix assumé. Stéphanie Le Quellec pose les mots : « Cela permet que les candidats se recentrent sur eux-mêmes. »
Les chefs ont décidé de se mettre en retrait. Plus de coaching et plus de protection. Ils deviennent des jurés à part entière. Le candidat n’affronte plus une brigade. Il affronte son propre niveau sous le regard direct des cinq chefs et celui des autres concurrents.
Cette solitude change la dynamique. Les dégustations deviennent plus tendues. Le stress monte et les erreurs aussi. Stéphane Rotenberg l’assume : « Il y a plus de ratage dans les épreuves. » Pour Glenn Viel, c’est précisément ce qui rend l’expérience juste : « Ils ont pu se découvrir à 100 %. »
Autre nouveauté de la saison : après certaines épreuves, les candidats doivent expliquer leur plat lors d’un « grand oral » face au jury. Un moment de vérité où l’intention est exposée. Mais Stéphanie Le Quellec tient à le rappeler : « On ne se base pas sur le grand oral. C’est toujours le plat qui compte. »
Ce Top Chef nouvelle formule est aussi un défi technique. Tourner hors studio dans des lieux parfois extrêmes impose une logistique lourde. « La régie cuisine, c’est énorme », explique Stéphane Rotenberg. Les équipes passent en mode commando. Elles sont moins nombreuses et plus mobiles. De 120 personnes en studio, la production passe à environ 80 sur le terrain. Le matériel est déplacé en permanence. Cela fonctionne « comme des roadies de concerts » explique l'animateur phare du programme.
Rien n’est jamais à la même place. Les candidats perdent leurs automatismes et leurs repères. Philippe Etchebest y voit une vertu essentielle : « Cela remet les candidats au milieu de la compétition. C’est plus brut de décoffrage. »
Les profils sont jeunes. La moyenne d’âge se situe entre 20 et 30 ans. Certains affichent déjà des ambitions claires comme Antoine, sous-chef d'un restaurant trois étoiles : « Je me lève le matin pour avoir mes trois étoiles. J’en rêve. » D’autres, à l’image de Tom, apparaissent plus fragilisés par la pression de ces nouvelles conditions.
À l’issue de cette présentation, une chose s’impose. Top Chef 2026 ne cherche plus à protéger ses candidats. En sortant du studio et en supprimant les brigades, le concours accepte l’incertitude et l’erreur. Cette saison mise sur une confrontation directe avec la réalité du métier. Les candidats cuisinent seuls et assument leurs choix jusqu’au bout. Ce parti pris transforme le programme en épreuve plus exigeante et plus révélatrice. On a déjà hâte de voir ça !
Mots-clés : Top Chef 2026 - Hors les murs - candidats
