Plat du jour - Société

Les exploits estivaux de l'industrie alimentaire !

Ecrit par Frédéric Beau le 21.08.2017

L'industrie agroalimentaire ne se repose jamais ! En effet, même en période estivale, pendant laquelle les envies des consommateurs qui ont les pieds dans le sable se résument à quelques morceaux de viande grillés au barbecue, des quartiers de melon et d'un peu de rosé bien frais, nos chers industriels rivalisent d'inventivité pour nous faire avaler n'importe quoi, et au passage nous empoisonner un peu plus. Voyons un peu les perles de l'été en matière d'alimentation, tout en étant bien conscient qu'il n'est pas encore fini !

 

CC0 Pixabay

 

Nous avons cette année la star incontestée de l'été, une sorte de lambada de la production industrielle agricole, les œufs au Fipronil. Affaire dont nous n'avons pas encore parlé puisqu'on découvre chaque jour de nouveaux pays "contaminés" et que l'origine alambiquée de cette contamination s'avère jour après jour plus brouillée. Autant dire que l’on n'a pas fini de découvrir des œufs surprise un peu partout dans les prochains jours. Une évidence, puisque notre ministre de l'Agriculture vient d'annoncer que la liste entière des produits fabriqués utilisant les fameux œufs serait fournie très prochainement, pour le moment plusieurs gaufres industrielles sont visées. Ce qui semble effectivement vouloir dire que ladite liste est longue… On rappelle que le fameux Fipronil est un antiparasite pour les animaux, il n'est, en effet, pas surprenant que 16 poules dans une cage d'un mètre carré aient quelques facilités à s'échanger puces et autres parasites indésirables.

Le hic, c'est que le fameux produit est réservé aux animaux domestiques, et qu'il est absolument interdit sur des animaux destinés à l'industrie alimentaire. L'autre hic, c'est qu'un industriel peu scrupuleux l'a utilisé sur des poules pour faire quelques économies (car plus efficace que les produits homologués pour l'industrie alimentaire), et que tous les intermédiaires, maîtres dans les systèmes d'achat-revente brouillant les pistes de la traçabilité aient consciemment fermé les yeux. Mais également, que les systèmes de surveillances sanitaires ont été défaillants pour détecter la vente de ce produit à un élevage qui l'utilise depuis novembre 2016, et que l'alerte aux autorités européennes ait mis plus d'un mois et demi à être transmise. Il n'y a pas à dire, c'est le cas champion de l'été.

 

En deuxième position de ce palmarès effrayant l'été nous avons choisi de présenter une première mondiale. Pour ce faire, il suffit de traverser l'atlantique pour nous retrouver aux États-Unis, son lieu de naissance, et au Canada le site de commercialisation. C'est ainsi que nos amis canadiens ont appris il y a peu qu'ils étaient les premiers cobayes à tester des saumons génétiquement modifiés, et ce, depuis près d'un an. En effet, la société américaine portant le nom d'AquaBounty Technologies a présenté à travers un communiqué de presse son mutant qui après 25 ans a finalement été autorisé par les autorités sanitaires locales et a donc pu se retrouver dans les supermarchés et finalement dans les assiettes des familles nord-américaines. Le poisson génétiquement modifié devenu une sorte de X-men marin atteint sa taille adulte en moitié moins de temps qu'un saumon traditionnel soit environ 1 an et demi. Ses « super pouvoirs » ne s'arrêtent pas la, puisque pour cette croissance accélérée, il n'a besoin que d'un quart de la nourriture ingéré par son homologue non modifié. 

Malgré cet argument hypocritement environnemental (puisqu'il s'agit avant tout d'une rentabilité à toute épreuve qui motive l'industriel), les associations d'écologistes canadiens n'ont pas tardé à s'insurger. Le manque de transparence de l'étiquetage mêlé à cette contestation a déjà contraint quelques grandes chaînes de supermarchés à le retirer de leur rayon, l'autorisation de l'administration sanitaire américaine a elle aussi été retirée temporairement 2 mois après sa parution. Les écologistes s'inquiètent également du risque de « contamination » vers les espèces non modifiées en cas fuite d'un spécimen modifié dans l'océan. La société américaine se défend en expliquant que l'anima est élevé au Panama dans des espaces fermés. On l'aura compris, une fois résolu le problème d'étiquetage, il y aura sans doute peu d'opposition tangible à la commercialisation de cet inquiétant saumon. Les accords de libre-échange commerciaux avec le Canada étant déjà signés et ceux avec les États-Unis en cours de discussion, on peut se préparer à recevoir le mutant rosé sur le vieux continent à un moment ou à un autre… Bref, de plus en plus de temps à lire les étiquettes.

 

Crédit : 7deTable.com
 

La dernière perle de l'été est moins inquiétante, mais plus incongrue, puisqu'il s'agit de pommes Noisette surgelées de la marque Findus qui ont momentanément transformé leur petite boite en carton en boite à outils. À moins que du côté de Gennevilliers (banlieue nord de Paris), les pommes noisette ne s'achètent chez le quincaillier. C'est ce qu'a dû penser cette jeune maman qui s'apprêtait à les cuisiner pour son fils, lorsqu'en plus des petites boules surgelées un écrou et une rondelle métallique sont sortis du paquet. 

Le drame n'a pas eu lieu, puisque personne n'a finalement croqué cet écrou (on déplore que le modèle et les dimensions n'aient pas été communiqués ce qui aurait grandement satisfait notre curiosité) la jeune maman est donc bien évidemment faire une réclamation au supermarché Leclerc, fournisseur du dit produit, lequel a décliné toute responsabilité et à (grand prince) offert le remboursement intégral du produit. Une somme avoisinant les 1.35€. Le fabricant de son côté a considéré l'incident plus gênant que dangereux. Il est en effet assez gênant d'avoir à la fin du repas, un écrou métallique logé à la place d'une prémolaire. Cet incident est d'après eux extrêmement rare, ils ont également indiqué qu'ils ouvraient cependant une enquête, mais que les lignes de production étaient munies de détecteur de métaux. Qui sauf erreur de notre part, ne fonctionnent manifestement pas…
Chacun conclura de ces brèves estivales ce qu'il veut, nous deux choses, la première est que : « mieux vaut connaître celui qui fabrique ou fait pousser ce que l'on mange », la seconde est qu'on n'a pas le cul sorti des ronces avec l'industrie alimentaire.

 

SOURCES : Le FigaroLe MondeLe Parisien, Le Progrès

 

Mots-clés : Œufs Fipronil - Saumon OGM - Pomme noisette écrou

 

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http://7detable.com/article/societe/les-exploits-estivaux-de-l-industrie-alimentaire/1869