Plat du jour - Société

La culture culinaire : un facteur d’intégration pour des jeunes femmes immigrées

Ecrit par Villain Juliette le 23.06.2016

Charhobili géorgien – poulet au confit d’oignons parfumé à la coriandre – navettes sahariennes – lanières de poivrons frits dans leur pain-surprise – Ghribia du désert – petits macarons à la pâte d’amande – ou encore Pastels Thaïlandais – petits chaussons végétariens et leur sauce soja – ce sont des plats que l’on peut manger à l’association « Le goût des autres ». Cette association nantaise, dont les cuisinières sont immigrées, souhaite favoriser l’insertion de ces femmes en mettant en avant leurs cultures culinaires respectives. Elles confectionnent des menus aux saveurs variées pour des événements.

 

 
 


L’association « Le goût des autres » propose des services de restauration ou des cours de cuisine dispensés par des femmes immigrantes. Originaires de nombreux pays tels que l’Azerbaïdjan, l’Algérie, la Guinée, la Turquie, l’Arménie, la Côte d’Ivoire ou le Kosovo ; elles mettent leurs savoirs et leurs cultures culinaires en commun, afin de confectionner de délicieux repas. Les 25 cuisinières présentent dans l’association, cuisinent pour des particuliers, des organisations ou des collectivités. Rouleaux à la géorgienne, makoudas algériennes, pastillas oranaises ou salade orientale, il y en a pour tous les goûts. Elles ont quitté leur pays à cause de conflits, de violence ou de menace. L’association sert de tremplin pour s’intégrer dans la société française, elle est également un lieu de rencontre et de partage.

 

« Le goût des autres » est né grâce à un événement, explique le président de l’association, Charles Soussan : « En 2004, nous nous sommes mobilisés pour éviter que des enfants de migrants demandeurs d’asiles, scolarisés dans des écoles nantaises, soient expulsés. Leur régularisation assurée, les familles nous ont remerciés en nous faisant goûter des plats de leurs pays. Des liens forts se sont tissés. En 2010, nous avons décidé de créer l’association “Le goût des autres” pour permettre à ces femmes d’amorcer une intégration économique en valorisant leurs cultures culinaires ».

 

Le Collectif Enfants Étrangers Citoyens Solidaires participe à l’aide aux familles sans papier et demandeuses d’asile dans les démarches administratives à effectuer. Mais une fois régularisées, ces familles peuvent avoir des problèmes d’intégration notamment sur le marché du travail. Ce collectif a donc décidé de créer l’association « Le goût des autres » afin d’aider les femmes immigrées. Elle propose un accès à l’emploi en mettant « à profit l’échange de savoirs comme élément de reconnaissance sociale et culturelle » ainsi qu’en favorisant des liens en créant des rencontres avec d’autres personnes. Le but premier de l’association est « la découverte, la connaissance, la diffusion des cultures étrangères à travers leurs pratiques culinaires ». Les cuisinières sont ensuite rémunérées par des chèques « emploi associatif » lorsqu’elles ont donné des cours ou cuisiné pour un repas.

 

Voici un reportage réalisé par France 3 à propos de l’association :


 
Agnès Jaoui, chanteuse, actrice et réalisatrice, mais aussi engagée dans la défense des droits des étrangers en France, est la marraine de l’association « Le goût des autres ». Coïncidence ? En 2010, Agnès Jaoui a réalisé un film du même nom !

Ouest France - Le goût des autres

 

Mots-clés : Le goût des autres - solidarité - Plats du monde

 

Retour en haut

https://7detable.com/article/societe/la-culture-culinaire-un-facteur-d-integration-pour-des-jeunes-femmes-immigrees/554