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Le St Joseph, restaurant apôtre de la bistronomie

Ecrit par Fred Ricou le 29.08.2017

Longtemps la banlieue parisienne a été une sorte de no man’s land culinaire. Quand on était un(e) jeune chef(fe), pour faire un peu parler de soi et en dehors de que l’on sert, il fallait s’installer soit à Paris soit en province. Depuis quelques mois les annonces s’accumulent et les jeunes chefs, après être passé par de grandes maisons n’hésitent plus à s’installer en banlieue plus ou moins éloignée. Dernier exemple, Benoit Bordier a ouvert il ya quelques mois son premier restaurant à La Garenne Colombe.

 
 


Juan Alberaez s’était installé à Boulogne-Billancourt avant de passer la main à son second Maximilien Kuzniar, Naoëlle d’Hainaut est propriétaire depuis peu de son restaurant à Pontoise et le chef Benoit Bordier a décidé de reprendre à son compte un restaurant très connu à la Garenne Colombe, le Saint Joseph. 

 

Depuis le mois d’avril, Benoit Bordier s’est emparé, avec sa femme Catherine, de cette institution de la ripaille pour en faire un lieu chaleureux et toujours aussi bistronomique. Benoit Bordier a été formé par le chef étoilé Jean-François Rouquette à la Cantine des Gourmets, plus tard il obtient lui-même sa première étoile en 2006 au restaurant Jean par la suite il deviendra le bras droit pendant 6 ans de Bruno Doucet sur différents projet et avec le Saint Joseph, il ouvre donc ce premier restaurant ultra-personnel.

 

C’est donc d’une manière extrêmement gourmande que se réveille le Nord-ouest parisien. Dans ce mignon restaurant où le bois domine, Benoit Bordier offre à ses clients en entrée un délicieux terre/mer en un boudin noir et calamar au piment d’Espelette. C’est ultra fondant, et cela se déguste tout seul. Plus légère et non moins goûteuse la soupe froide de petit pois avec ses petits croûtons et autre féta est un joli mélange de texture. 

 

En plat nous avons fondu pour un fantastique paleron de bœuf cuit au court-bouillon et légèrement poêlé. Ses petits légumes bras dessus-dessous avec quelques arachides l’emmènent en vacances du côté de la Thaïlande et c’est un véritable régal. Le beau gras/croustillant de la poitrine de cochon, confite 8 heures, est ici aussi extrêmement fondant et vient contraster avec la petite sauce sauge/citron et ses carottes joliment taillées en biseau et rôties. Pour finir le repas, on hésite, on hésite… et finalement c’est la gourmandise enfantine qui vient faire la différence avec un riz au lait à la vanille accompagné d’un caramel laitier à tomber. 

 

On oscille aussi à demander la recette, mais en définitive, comme pour les magiciens, on ne veut pas savoir le secret et l’on se laisse transporter.

 

C’est Catherine qui s’occupe de la salle, mais également des vins à la carte. Plusieurs belles bouteilles s’y trouvent, dont quelques vins de vigneronnes signalés par une petite chaussure à talon haut. Ainsi, nous avons goûté deux jolis vins, un Touraine Sauvignon Plou et fils ainsi qu’un Brouilly vieille vigne de Georges Descombes. Les deux se mariaient merveilleusement avec les plats, Catherine Bordier connaît son affaire.

 

Alors oui, la Garenne-Colombe ne perd pas au change avec ce Saint Joseph version Benoit Bordier. Pour la qualité irréprochable des produits, il serait dommage que les Parisiens et autres de passage ne viennent pas faire les 10-15 minutes qui les séparent de la Gare Saint-Lazare. Avec un menu-carte à 34 € aussi bien le midi que le soir, il est impossible aux gourmands/gourmets locaux de ne pas déplacer. C’est une belle table que l’on retrouvera avec un immense plaisir…



 
Le St Joseph
100 Boulevard de la République,
92250 La Garenne-Colombes

 

Mots-clés : restaurant banlieu - paris bistronomie - garenne-colombe

 

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