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Le Rennequin, l’envie d’un bistrot de quartier pensé pour durer

Ecrit par Fred Ricou le 07.01.2026

PARIS - Le Rennequin (17e) est né d’une envie partagée : redonner au quartier un vrai bistrot, simple et vivant. Porté par Arthur Schmidt, Antoine Lery et Alexandre Poulenc, le lieu s’est construit sur une vision commune : un restaurant pensé pour les habitants et le temps long.

 

Marius Sébert & Arthur Schmidt - Le Rennequin - Photo 7detable.com


Pour Arthur Schmidt, c’est une première adresse à son nom, mais certainement pas un coup d’essai improvisé. Avant d’ouvrir, il a longtemps travaillé en restauration, notamment dans le 11ᵉ arrondissement, au contact d’adresses devenues emblématiques du bistrot canaille et du vin vivant. Puis il a coupé. Vraiment. Quelques années loin des cuisines, passé par l’hôtellerie, avec cette idée en tête, jamais tout à fait rangée : ouvrir un restaurant, un jour.

 

Ce jour est arrivé avec des associés de confiance. Antoine Lery, ami de longue date, déjà à la tête d’un restaurant dans le 17ᵉ, et Alexandre Poulenc, entrepreneur aguerri passé par plusieurs enseignes connues, ont rejoint l’aventure. Ensemble, ils trouvent ce lieu, anciennement Le Petit Gris, une table plus gastronomique tenue par Jean-Baptiste Ascione. Eux veulent autre chose : Un bistrot.

 

Arthur reprend des éléments de décoration qui l’ont marqué dans les maisons où il a travaillé. Rien de théorique : du vécu. Le midi, la clientèle de bureaux donne le tempo ; le soir, ce sont les habitants du quartier. Un quartier où le bouche-à-oreille compte plus que tout.

 

À la carte, pas de détours inutiles. Le bistrot classique, bien exécuté, avec des produits solides. La carte change régulièrement, tous les dix à douze jours, avec parfois un plat de la semaine qui s’installe quelques jours de plus. Tout est fait maison, jus compris, et heureusement, me direz-vous ! Le genre de cuisine que l’on a envie de retrouver. Oeufs mayonnaise au persil, Croustille d'escargot en persillade; Sprats fumés de la mer du Nord, Terrine du chef, entre autres, en entrée. Saucisse au couteau, plat de la semaine, filet de rumsteck ou de bar pour les plats… 

 

Aux fourneaux, Marius Sébert. Il est là tout le temps, littéralement, installé au-dessus du restaurant. Son parcours est dense, nourri de voyages, de cuisines très différentes, de catering pour des films et des séries, avant de revenir à Paris et de croiser la route d’Antoine et d’Alexandre. Quand le projet du Rennequin prend forme, il suit naturellement. Ici, il trouve un cadre clair.

 

Arthur le résume simplement, sourire aux lèvres : « Je lui ai dit de s’amuser. Bien sûr, avec des codes : le bistrot, le fait-maison. Mais je veux qu’il s’amuse. »

 

Cette liberté maîtrisée se ressent notamment dans un plat étonnant que nous avons adoré : le chou farci végétarien. Un plat exigeant, rarement anodin, ici travaillé avec précision. La consistance, la farce, l’équilibre, une pointe de piment bien dosée : on est loin du végétarien par défaut. Marius le raconte sans emphase : il l’a retiré un temps, puis remis face à la demande. Aujourd’hui, il est même végétalien, avec une crème de topinambour à base de crème végétale. Et il restera jusqu’à la fin du mois, avant de laisser la place à une autre proposition.

 

Sur l’assaisonnement, l’approche est assumée. Les contraintes actuelles — allergies, demandes moins salées — sont intégrées, quitte à ajuster légèrement. La fleur de sel sur table fait le reste. « Pour que chacun fasse à son goût », explique le chef... 

 

Le Rennequin avance sans précipitation. Les produits sont sécurisés pour l’instant via des circuits fiables, le temps de stabiliser volumes et qualité. L’envie, à terme, est d’aller davantage vers les producteurs. Même logique côté boissons sans alcool : pas de Coca-Cola et autres sodas hyper-industriels ici, mais la Limonaderie de Paris, choix cohérent, parfois déroutant pour certains clients. Arthur les invite à goûter. En général, ça suffit.

 

L’objectif est clair, et il n’a rien de spectaculaire. Faire du Rennequin une petite institution de quartier. Un bistrot où l’on revient. Où l’on s’installe au comptoir — timidement encore, mais ça vient. Où l’on peut manger le midi comme le soir sans redouter l’addition, avec des formules lisibles et accessibles. Arthur le dit sans détour : « Mon objectif, c’est simple : que le Rennequin devienne une petite institution de quartier. Un bistrot, quoi. Un vrai. » 
 


Menus : 25 / 32 €
 

Le Rennequin

67 Rue Rennequin, 

75017 Paris

 

Mots-clés : bistrot paris - restaurant traditionel - saucisse purée

 

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