Plat du jour - Environnement

La marque Petit Navire en pleine tempête

Ecrit par Bérengère Condemine le 02.12.2016

Le thon fait l’objet de toutes les attentions cette année, notamment de la part de l’organisation non-gouvernementale Greenpeace. Cette dernière reproche actuellement la marque de se cacher derrière le logo MSC, qu’elle considère comme peu fiable. L’ONG fonde cette nouvelle attaque à partir d’un rapport publié par WWF. Petit Navire va finir par couler. 

 


CC PIXABAY Skeeze 
 

MSC représente les différentes marques de thon. Initialement créé en 1997 par WWF et Unilever, l’objectif se porte vers une préservation de la durabilité des stocks de poissons et d’écosystèmes marins. Pourtant, le rapport WWF ne se montre pas tendre avec le label. 

Greenpeace, explique que les règles sont amoindries, pour qu’un plus grand nombre de pêcheries soient certifiées et que le logo soit inscrit sur un maximum de produits. Pour quelle raison ? Car les marques reversent au label « 0,5% du résultat des ventes des produits certifiés ». Un joli pactole, représentant les trois auras des revenus du MSC de 17 millions d’euros. 

Petit Navire fait partie de ce lot de pêcherie se cachant derrière le logo MSC. Mais Greenpeace n’est pas dupe, et dévoile que "le leader français de boîte de thon n’a de cesse de mettre en avant la démarche de certification MSC en cours comme pilier de sa politique d’approvisionnement". Alors que justement, le label ne cesse de revoir ses standards à la baisse. 

Un label « trompeur pour le consommateur. Censé garantir la durabilité des pêcheries qu’il certifie et servir le référentiel pour les consommateurs qui seraient soucieux de l’impact environnemental de leur alimentation, le label MSC est en réalité très loin de ce que l’on attend de lui ».

Ce n’est pas la première fois que Petit Navire est la cible de GreenPeace. La liste des reproches s’agrandit. En mai 2013, des activistes de l’ONG avaient bloqué l’usine de la marque de Douarnenez (Finistère) toute une journée. Pour dénoncer une pêche non-sélective dans la majorité du thon. 

Petit Navire utilise des dispositifs de concentration de poisson (DCP). Pas astucieux, puisqu’un grand nombre de poissons est pêché, mais dans le lot, le thon n’est pas le seul. Des espèces menacées s’y retrouvent, comme certaines tortues, ou requins. Une méthode qui donne 450 000 tonnes d’albacore péchés dans l’Océan indien en une année, soit 60% de plus qu’il y a cinq ans. 

De plus, la marque dépouille les océans, sans se soucier de l’âge du thon. Pourquoi le faire puisque ce n’est pas réglementé ? Car ces derniers, qui se retrouvent dans les « petites boîtes bleues » de nos grandes surfaces n’ont pas le temps de se reproduire. 

En avril 2016, pour la publication de son magasine, 60 millions de consommateurs a analysé 15 boîtes de thon. Aucune trace de bisphénol, aucune substance chimique de synthèse n’a été trouvée. Cependant, trois des marques dépassent la moitié de la valeur réglementaire de mercure (Petit Navire, Capitaine Nat’, Odyssée). Certaines boîtes contiennent des fragments de cœur ou des traces d’Ovocytes (Saupiquet, Casino, Pêche Océan Cora), même si « le Code des usages n’interdit pas la présence de tels ingrédients ». Et bon appétit !


Sources : GREEPEACE - OUEST FRANCE - SUD OUEST
 

 

Mots-clés : Petit Navire MSC - Environnement Greenpeace - Pêche thon distribution

 

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http://7detable.com/article/environnement/la-marque-petit-navire-en-pleine-tempete/1251