Plat du jour - Environnement

Agir ensemble contre la pêche illégale et l’esclavage moderne en haute mer

Ecrit par Syrah Merlot de Bergerac le 22.11.2016

La FAO et le Vatican ont appelé aujourd’hui à intensifier les efforts internationaux visant à éradiquer les violations des droits de l’homme dans l’industrie halieutique à travers du monde — y compris la traite des êtres humains et le travail forcé — et à mettre un terme au fléau de la pêche illégale.
 

Ile de Noimoutier
Philippe Cottin, CC BY 2.0
 

S’exprimant lors d’un événement coorganisé par la FAO et le Vatican à l’occasion de la Journée mondiale des pêches, M. José Graziano da Silva, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, a reconnu que « si la pêche est bel et bien une source d’alimentation et de revenus pour des millions de personnes, cette même industrie, porteuse de tant d’opportunités, a également tendance à victimiser les personnes les plus vulnérables ».
 

« Nous constatons que les médias s’intéressent de plus en plus aux violations des droits de l’homme dans le secteur, à la fois dans les pays développés et en développement. Cela inclut des exemples d’exploitation des travailleurs, de travail forcé, de traite d’êtres humains, de travail des enfants et d’esclavage », a indiqué M. Graziano da Silva. « La FAO et le Saint-Siège appellent à une plus grande collaboration entre les partenaires afin de mettre un terme aux violations des droits de l’homme qui prévalent tout au long de la chaîne de valeur dans le secteur de la pêche », a-t-il déclaré.
 

« Nous devons garantir que les produits de la mer qui se retrouvent dans nos assiettes ont été non seulement produits de manière durable, sur le plan environnemental, mais aussi de manière à contribuer au bien-être socio-économique de ceux qui les ont pêchés et transformés », a-t-il ajouté.
 

À l’occasion de son discours liminaire, le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Vatican, a déclaré qu’il était nécessaire d’agir sur trois fronts principaux : d’abord en venant en aide aux pêcheurs exploités afin de faciliter leur réintégration, en s’assurant du respect des normes internationales existantes propres au secteur de la pêche, et enfin en luttant contre la traite des êtres humains et la contrebande afin d’imposer l’état de droit et les normes relatives aux droits de l’homme.
 

« C’est seulement en travaillant ensemble et en coordonnant nos efforts que nous serons en mesure de briser la chaîne d’exploitation qui affecte l’industrie halieutique dans plusieurs pays », a-t-il ajouté. Le Cardinal Parolin présentait un nouveau message du Saint-Siège visant à condamner « la triste réalité qui prévaut au sein de l’industrie halieutique où des centaines de milliers de migrants internes et transnationaux font l’objet d’une traite et de travail forcé ».
 

Comparant la situation des travailleurs exploités dans le secteur de la pêche à de l’« esclavage moderne », M. Gianni Rosas, Directeur du bureau de l’OIT pour l’Italie et Saint-Marin, a également salué les derniers développements. Ces derniers comprennent notamment des mesures visant à sensibiliser davantage les consommateurs sur l’importance d’acheter uniquement du poisson équitable et produit de manière durable et des avancées à l’échelle internationale qui devraient encourager le développement de mécanismes institutionnels efficaces, à l’image du Protocole de 2014, ratifié lors de la Convention de l’OIT sur le travail forcé et la Convention de l’OIT sur le travail dans la pêche n° 188.
 

Des découvertes et de nouveaux outils


La FAO et le Vatican ont salué la bonne nouvelle concernant la Convention n° 188. Un nombre suffisant de pays ont maintenant ratifié la Convention qui pourra donc entrer en vigueur dès novembre 2017. La Convention est destinée à s’assurer que les travailleurs exerçant dans le secteur de la pêche bénéficient d’une certaine sécurité et d’une couverture médicale, de contrats de travail écrits et d’une protection sociale.
 

La FAO et le Vatican ont également invité les pays et l’industrie halieutique à exploiter de la meilleure manière un autre outil relativement récent, l’Accord de la FAO relatif aux mesures du ressort de l’État du port, afin de mettre fin une fois pour toutes au problème de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), qui, chaque année, pille les océans à hauteur de 11 à 26 millions de tonnes de poissons.
 

Les navires impliqués dans des activités de pêche illégale sont généralement les mêmes que ceux s’adonnant aux violations des droits de l’homme. Le PSMA, le premier accord international juridiquement contraignant ciblant l’INN, prévoit une inspection plus poussée des navires de pêche dans les ports, ce qui leur permettra d’améliorer les contrôles et de s’assurer du respect des droits de l’équipage.
 

La Convention n° 188 et le PSMA, combinés à une meilleure sensibilisation internationale sur les questions sociales et celles liées au travail, fournissent à la FAO, à l’OIT et à ses partenaires dans l’industrie, le travail, aux communautés de pêcheurs et aux associations de consommateurs un nouveau protocole destiné à mettre fin aux cas d’exploitation des travailleurs tout au long de la chaîne de valeur.
 

Loin du rivage, isolé et exploité


Les victimes ont témoigné avoir rencontré de nombreux problèmes lorsqu’elles travaillaient à bord des navires dans des endroits éloignés pendant des mois, voire même parfois des années. Cela comprend le travail forcé, la servitude pour dettes, des coups, une violence psychologique, une alimentation inadéquate et des conditions de vie insalubres. Les heures sont longues et le travail pénible et il n’est pas rare que les ouvriers se voient administrer des amphétamines pour tenir le coup.
 

En général, les ouvriers se retrouvent dans ces situations à la suite d’un processus de recrutement trompeur ou contraint. Une fois à bord, ils peuvent y rester piégés pendant des mois, voire des années. Très peu de pêcheurs sont membres de syndicats, les contrats écrits sont rares et la protection relative aux droits du travail est faible. Dans les zones où la loi existe, son application est défaillante.
 

En effet, contrôler de manière efficace pose un certain nombre de défis, les océans sont vastes et les bateaux sont constamment en déplacement d’un pays à l’autre ou opèrent dans des zones en haute mer qui ne sont pas rattachées à une juridiction nationale.

 

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