Plat du jour - Société

La belle histoire de La Belle Aude, renaissance d’une entreprise de glaces

Ecrit par Frédéric Beau le 14.02.2017

Parce que l'on raconte assez de vilaines histoires de semaine en semaine, des pesticides par-ci, des produits chimiques cancérigènes dans les aliments par-là, des animaux maltraités en veux-tu en voilà, la liste des sujets qui agacent, déçoivent et attristent est trop longue. Alors ça fait du bien d'avoir l'opportunité de raconter une belle histoire en début de semaine, comme ça, pour bien la commencer... L'histoire d'une belle petite entreprise tombée dans les mains de mauvaises personnes. Le genre qui achète en pensant faire du profit, et qui démonte quand le profit n'est pas suffisant. Fort heureusement, les gens de cette entreprise ont prouvé qu'elle valait mieux que quelques lignes comptables.   

 

C'est en 2012 que l'histoire commence à déraper. L'entreprise, Pilpa ne semble pas avoir de problèmes particuliers, du point de vue comptable au moins puisque les bénéfices sont au rendez-vous et que l'entreprise est profitable. Le propriétaire, le groupe R&R Ice Cream lui-même en possession d'un fonds d'investissement américain, décide tout simplement de la fermeture du site craignant un refroidissement du marché de la crème glacée (ce qui de notre point de vue est tout à fait normal). S'en sont suivi deux années lourdes et mouvementées. Lutte syndicale, rachat R&R Ice Cream par un fond Français un peu moins radical, plan social, fermeture de l'usine de production, soutient de la population et des élus locaux. Bref, autant dire que ce n'était pas "liégeois".

Quelques employés décident alors de prendre leur destin en main en créant une SCOP (Société Coopérative de Production) soutenue par le nouveau fonds d'investissement et l'ancienne direction. En janvier 2014, la production repart doucement. Avec un effectif resserré, les ex-employés devenus patrons savent que tout est à refaire.Mais Carcassonne est une place forte, ou même les glaciers savent se défendent.

L'entreprise s'appelle désormais la Fabrique du Sud, et la marque qu'il faut lancer "La Belle Aude". La production industrielle de 2400 pots de glace à l'heure est désormais une production artisanale de 1500 pots de glace par jour. Le défi est de taille. Mais ils ont la pêche (melba !) et y croient.

Un chiffre d'affaires de 750 000 € en 2014 déjà au-dessus des prévisions est passé à 1.5 million d'euros en 2015 et probablement plus de 2.2 millions d'euros en 2016. Le résultat est sans appel, c'est une franche réussite. Bien sûr, les 19 co-patrons n'ont pas compté leurs heures, bien sûr, ils ont dû consentir des baisses de leurs propres salaires pour sortir le nez de l'eau. Mais selon leurs propres dires, le jeu en valait la chandelle, ils font un travail qui leur plaît et sont maîtres de leur destin ensemble, puisque les décisions se prennent à 19.

Et maintenant que les choses sont assainies du côté de Carcassonne, on s'affaire aux nouveaux parfums. On a déjà vu naitre l'an dernier Mojito au Rhum agricole AOP de Martinique, on est curieux de goûter la crème glacée à la réglisse, la glace aux noix et morceaux de figues est, il faut l'avouer assez tentante. Vivement, les beaux jours qu'on ait besoin de se rafraîchir. 

 

 


 

 

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