Plat du jour - Société

Journées du patrimoine : Alimentation et pénurie en temps de guerre

Ecrit par Gary Nicolas le 05.09.2017

De 1939 à 1949, les Français furent soumis à un régime organisé de restriction alimentaire qui devait profondément marquer les mémoires et les comportements face à la nourriture. Pour les contemporains un souvenir devait dominer : la faim, le manque, la privation. Un vécu qui devait résonner longtemps encore, et de multiples façons, au sein des familles et de l'inconscient collectif.

 




 

Organisée à l'initiative du CHRD de Lyon, l'exposition LES JOURS SANS opère une plongée dans ce que fut le quotidien des Français durant et après la Seconde Guerre mondiale. Comment faire face non seulement aux drames et tragédies de la guerre, à l'humiliation de la défaite mais aussi aux pénuries de toutes sortes, aux prélèvements massifs de l'occupant, à la désorganisation de l'économie dans un pays qui vient à manquer de tout ? Quelles furent les stratégies de survie ? Quels furent les comportements ? Quels furent les effets, réels et symboliques, de la privation de nourriture à l'échelle d'une société ? sont parmi les questions que pose l'exposition.
 

Dès le début du conflit, des cartes d'alimentation sont mises en place pour répartir au mieux les denrées mais au fil des mois et des évènements, c'est la quasi-totalité des produits de base qui est soumise à restriction. En 1942, confrontées aux étals presque vides des commerçants, les ménagères passent une moyenne 4 heures par jour dans les files d'attente. Le manque endémique de nourriture est alors douloureusement perçu par une population, notamment urbaine, qui a connu dans l'Entre-deux guerres, une amélioration de son niveau de vie.
 

Le processus de ravitaillement, la mise en place de mesures réglementaires et leur détournement, l'apparition de nouveaux aliments, le développement des sciences de la nutrition, la notion de «famine lente», le rapport au corps, le rôle des femmes, sont parmi les grands thèmes abordés par l'exposition. Celle-ci met également en lumière les inégalités en présence et la façon dont la population fut diversement touchée : selon que l'on soit citadin ou paysan, que l'on soit riche ou pauvre, que l'on ait accès ou non au marché noir, que l'on ait de la famille à la campagne, que l'on doive se cacher ou vivre dans la clandestinité, etc.
 

L'exposition opère également un focus sur Lyon, ville refuge durant la guerre, qui accueille sur la période une population de plus en plus nombreuse et où la question du ravitaillement devient très vite problématique.
 

LES JOURS SANS est conçue à la suite de l'exposition POUR VOUS, MESDAMES ! qui abordait le thème de la mode sous l'Occupation. Elle s'appuie sur un comité scientifique réunissant des historiens et des chercheurs spécialistes du sujet dont Dominique Veillon, directrice de recherche au CNRS et Christophe Capuano, historien, Nicole Foucher, maître de conférences Cinéma et Mode à Lyon II, Fabrice Grenard, historien, Hervé Joly, historien, Christine Levisse-Touze, directrice du Musée du Général Leclerc et de la Libération de Paris et du Musée Jean Moulin de Paris, Florence Saint-Cyr Gherardi, responsable du Musée départemental d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de l'Ain et du Haut-Jura, Isabelle Van Bueltzinsloewen, historienne.

À l’occasion des Journées du Patrimoine, le CHRD de Lyon présente toute une série de visites et d’animations gratuites, à partager en famille ou entre amis, ls 16 et 17 septembre prochains.

 

 

Mots-clés : Journées européennes patrimoine - alimentation pénurie guerre - jours sans privation

 

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http://7detable.com/article/societe/journees-du-patrimoine-alimentation-et-penurie-en-temps-de-guerre/1888