Plat du jour - Environnement

Mise en examen de deux châteaux viticoles dans le bordelais

Ecrit par Bérengère Condemine le 16.11.2016

Deux Châteaux d'appellation Côtes-de-Bourg sont mis en examen depuis le 17 Octobre dernier. Les deux exploitations, dont l’une est bio et l’autre conventionnelle, seraient responsable de l’intoxication d’élèves de l’école primaire de Villeneuve-de-Blaye le 5 mai 2014. Intoxication qui serait la conséquence de leur épandage ce jour-là. Cet évènement intervient alors que l’état tente de trouver actuellement une solution pour une meilleure réglementation des produits phytosanitaires. 

 


CC PIXABAY
 

Depuis 2011, des distances minimales sont imposées concernant la pulvérisation des pesticides aux abords des crèches, maisons de retraite, terrains de sport et parcs publics. Certains départements interdisent le traitement des parcelles proches d’une école à l’heure de la récréation. Pourtant, le 5 mai 2014, une vingtaine d’élèves de l’école primaire de Villeneuve-de-Blaye dans la gironde sont pris de malaises, maux de gorge, picotements aux yeux. Ces symptômes apparaissent après l’épandage de deux propriétés viticoles voisines, le château Escalette (agriculture conventionnelle), et le château Castel La Rose (agriculture biologique).

 

Avertie, l’agence régionale de santé mène une enquête administrative. Les produits se révèlent autorisés. Toutefois, l’ARS explique que l’épandage « à proximité de l'école s’est déroulé dans des conditions inappropriées sans qu’aient été prises toutes les précautions pour le voisinage ». Rappelons qu’au printemps 2014, un premier arrêté est déposé par la préfecture de Gironde pour interdire le traitement à proximité des écoles. 

 

Suite à cet évènement, une première plainte est déposée. Elle est classée sans suite. Une information judiciaire est ouverte le 30 décembre 2015, après la plainte de Sepanso, société pour l’étude, la protection et l’aménagement de la nature dans le sud-ouest du 19 mai 2014. Sepanso dénonce une infraction du code rural et non une mise en danger d’autrui. Les conditions anémométriques ne justifiaient pas l’épandage ce jour-là d’après le parquet de Libourne, les vents étaient a priori supérieurs à la limite réglementaire de 19 km/h.

 

En parallèle, l’Etat tente en vain de réglementer les conditions d’épandage de produits phytosanitaires. Un arrêté ministériel se prépare depuis octobre dernier. Le but, donner une existence légale aux riverains. Plusieurs facteurs entrent en jeux. La force du vent, les distances minimales par rapport à  une habitation, un cours, d’eau, des délais minimaux à respecter avant que les travailleurs agricoles se retrouvent de nouveau en contact avec une parcelle ou une serre venant d’être traité par des pesticides. 

 

Un conflit se crée entre l’Etat et les viticulteurs. Un nouvel organisme a donc été créé pour que les deux parties puissent s’accorder sur les réformes en cours. Mais la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) n’est pas d’accord. Pour eux ces réglementations imposent une perte d’un chiffre d’affaires de « 7 milliards d’euros par an ». Moins grave que l’exposition à des produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques ?

 

Mots-clés : Épandage Pesticides Phytosanitaires - État Viticulteurs Châteaux - École Gironde Maladies

 

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