Plat du jour - Economie

Nestlé dans le viseur d’une de leur ancienne directrice de la sécurité alimentaire

Ecrit par Bérengère Condemine le 09.12.2016

Yasmine Motarjemi, un nom qui ne dit peut-être rien. Cette femme se bat pourtant depuis six ans avec la multinationale Nestlé. Ce conflit juridique arrive après son licenciement. Elle dénonce un harcèlement moral de la part du numéro un dans l’alimentaire, après avoir tenté de rapporter les pratiques douteuses dans le secteur de la sécurité alimentaire, lorsqu’elle occupait un poste à la direction. 


CC Wikipédia


 

Dans son interview avec le journal le lanceur, elle lève le voile sur certaines pratiques. Yasmine Motarjemi a d’abord travaillé pour l’Organisation mondiale de la santé avant d’être recruté chez Nestlé. Elle occupe un poste dans la direction de la sécurité alimentaire, jusqu’en 2011. 

 

Lors de ces dix années de travail dans le groupe, elle voit des « dysfonctionnements qui conduisent à des incidents où la vie des gens est impliquée », sans qu’une enquête soit ensuite menée en direction de Nestlé. Pour elle, si la multinationale ferme les yeux sur certaines choses, ce n’est qu’une question d’argent. « Certes, une gestion très rigoureuse de la sécurité alimentaire implique peut-être un peu moins de bénéfices, mais l’entreprise acquiert une meilleure éthique, donc une meilleure image ». 

 

Yasmine Motarjemi a porté plainte pendant 4 année à tous les niveaux de la hiérarchie, jusqu’ à ce qu'elle s'est fait licenciée. Au cours de ses plaintes, en interne, elle demandait un audit de son département de gestion de qualité. La direction a refusé de faire l audit et elle a accepté d être licenciée. Elle porte plainte pour harcèlement psychologique durant cette période. Depuis le procès qu elle a intenté envers Nestlé en 2011, elle demande aux autorités sanitaires d enquêter et se déterminer sur la gestion de la sécurité alimentaire chez Nestlé, les incidents qui sont survenus, et tirer les leçons pour une meilleure gestion de la sécurité alimentaire dans les entreprises agro-alimentaires.

 

Selon elle, des produits sont commercialisés alors que la firme sait qu’il y a des dysfonctionnements, et c’est cela qu’elle refuse. « La prévention, ce n’est pas attendre que les gens tombent malades pour agir ». Lorsqu’elle effectue son travail à l’époque, qu’elle trouve des erreurs dans les produits, elle reçoit des réponses comme « s’il y a des produits contaminés, allez le dire aux autorités nationales ».

 

En conséquence, attendre que les gens soient atteints d’une maladie pour agir. De plus, lorsqu’une enquête nationale est menée, elle cible uniquement la bactérie en cause, et un produit précis, qui se voit ensuite retirer du marché. Les recherches ne mettent pas en cause la venue de l’intoxication, ni pourquoi la direction de la sécurité alimentaire n’a pas découvert la bactérie avant. 

 

Dans son entretien, elle cite quelques exemples, un cas en Chine (2008), qui a touché 300 000 bébés, avec pour raison du lait, dont certains venaient de chez Nestlé. En 2009, une bactérie tueuse fait 77 malades aux États-Unis, et deux ans plus tard 50 morts en Allemagne. Pour ne pas avoir de problème, Nestlé fait en sorte que la direction de la sécurité alimentaire ne soit pas retrouvée, et la supprime des organigrammes du groupe.

 

Le procès est toujours en cours, Yasmine Motarjemi sait que le chemin s’avère long pour obtenir gain de cause. Car Nestlé n’a peur de rien, et se reconnaît puissant. « Ils peuvent dire des choses scandaleuses (pendant le procès) parce qu’ils savent qu’ils sont intouchables, qu’ils vont acheter la justice et bloquer le processus pour que je n’arrive jamais à la fin de mon procès. Ils se sentent au-dessus de la loi ». Le combat d’une femme contre un géant.

Sources : LECAUSEUR

 

Mots-clés : Nestlé Firme alimentaire - Procès sécurité alimentaire

 

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